Comment préparer sa retraite avec un PER et une assurance-vie ?

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Un homme et une femme d’une cinquantaine d’années consultent ensemble des documents vierges liés à leur épargne retraite autour d’une table lumineuse.

Préparer sa retraite avec un PER suppose d’arbitrer entre un gain fiscal immédiat et la disponibilité future de l’épargne. Le Plan d’épargne retraite, ou PER, a été créé par la loi Pacte de mai 2019 et commercialisé depuis octobre de la même année. L’assurance-vie répond à une logique différente, centrée sur la souplesse des retraits et la transmission. Ces deux enveloppes peuvent accueillir des fonds en euros, dont le capital est garanti par l’assureur hors frais, et des unités de compte exposées aux marchés. Leur association dépend de la tranche d’imposition, de l’horizon de placement et du besoin de liquidités.

En résumé du PER et de l’assurance-vie

Préparer sa retraite avec un PER permet de déduire les versements du revenu imposable, dans la limite du plafond fiscal personnel. Pour une assurance-vie détenue depuis huit ans, les gains retirés bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Le PER individuel comptait plus de 3,69 millions de titulaires, tandis que l’encours de l’assurance-vie atteignait 1 923 milliards d’euros selon les données communiquées pour le marché. Les taux moyens cités pour 2024, 4 % sur les PER et 3,60 % sur l’assurance-vie, ne suffisent pas à comparer les contrats, car leur allocation et leurs frais diffèrent.

Pourquoi associer un PER et une assurance-vie pour préparer sa retraite ?

La complémentarité entre PER et assurance-vie repose sur deux fonctions distinctes. Le PER organise une épargne dédiée au départ à la retraite et peut réduire l’impôt payé pendant la vie active. L’assurance-vie conserve une réserve mobilisable à tout moment par un rachat, total ou partiel.

Un ménage imposé dans une tranche marginale de 30 % peut, par exemple, déduire 3 000 € de versements et réduire son impôt d’environ 900 €, sous réserve de disposer d’un plafond suffisant. La tranche marginale d’imposition désigne le taux appliqué à la dernière fraction des revenus. L’économie fiscale dépend donc du foyer, et non du rendement du contrat.

Cette répartition limite le risque de devoir puiser dans un PER avant le départ. Une épargne de précaution disponible évite qu’un volcan de dépenses imprévues ne désorganise le projet de long terme. Les performances passées des supports financiers ne préjugent jamais de leurs performances futures.

PER ou assurance-vie retraite : quelles différences de fiscalité et de disponibilité ?

Le choix entre un PER ou une assurance-vie retraite dépend d’abord du moment où l’avantage fiscal est recherché. Le PER peut procurer un allègement d’impôt à l’entrée. L’assurance-vie accorde surtout un cadre fiscal favorable au moment des retraits, après une durée de détention suffisante.

CritèrePER individuelAssurance-vie
Fiscalité des versementsDéduction possible du revenu imposableAucun avantage fiscal immédiat
DisponibilitéÉpargne en principe bloquée jusqu’à la retraiteRachats possibles à tout moment
Fiscalité des retraitsDépend du choix de déduction et du mode de sortieImposition des seuls gains retirés
Issue au départCapital, rente ou combinaison des deuxCapital disponible ou rente selon le contrat
TransmissionRègles successorales ordinaires du PERClause bénéficiaire et régime spécifique

La souplesse de l’assurance-vie permet d’étaler les rachats pour compléter un revenu, financer un projet ou absorber un aléa. Seule la part de gains comprise dans chaque retrait est imposable. Pour les contrats ouverts depuis au moins huit ans, l’abattement après huit ans de détention s’applique chaque année sur ces gains.

La fiscalité à l’entrée et à la sortie doit être examinée dans son ensemble. Déduire un versement sur un PER reporte généralement l’imposition au moment de la liquidation. Renoncer à la déduction réduit souvent la taxation applicable au capital correspondant lors de la sortie.

Comment utiliser les versements PER déductibles sans dépasser son plafond ?

Les versements sur un PER déductibles du revenu imposable sont plafonnés. Pour un salarié, le plafond figure sur l’avis d’impôt, dans la rubrique consacrée à l’épargne retraite. Il tient compte des revenus professionnels et des plafonds non utilisés des trois années précédentes.

L’avantage fiscal du PER est généralement plus sensible pour les foyers imposés à 30 %, 41 % ou 45 %. À 11 %, le gain immédiat est plus limité, alors que l’épargne restera immobilisée pendant de nombreuses années. Le versement non déduit demeure possible lorsqu’il paraît préférable de limiter la fiscalité future du capital.

Les versements programmés facilitent la régularité de l’effort d’épargne. Un montant mensuel de 150 € représente 1 800 € par an, avant frais et évolution de la valeur des supports. Le montant doit rester compatible avec les dépenses courantes, le remboursement des crédits et la constitution d’une réserve disponible.

Quelle sortie en capital ou en rente viagère prévoir à la retraite ?

Le PER individuel autorise une sortie en capital ou en rente viagère au moment de la retraite. La rente viagère verse un revenu périodique jusqu’au décès, selon des conditions définies au contrat. Son montant dépend de l’âge, des tables de mortalité, des garanties retenues et du capital converti.

La sortie en capital offre davantage de latitude pour financer des dépenses ponctuelles ou organiser des retraits progressifs. Elle expose toutefois au risque d’épuiser trop vite le capital si les retraits sont mal calibrés. Une combinaison entre capital et rente peut répondre à des besoins différenciés, sans constituer une règle universelle.

Le PER peut aussi être débloqué avant la retraite dans plusieurs cas prévus par la loi. Le déblocage anticipé pour l’achat de la résidence principale concerne les sommes issues des versements volontaires et de l’épargne salariale, avec des règles spécifiques pour les droits obligatoires. L’invalidité, l’expiration des droits au chômage, le surendettement ou le décès du conjoint font aussi partie des situations prévues.

La résidence principale peut absorber une part importante du budget à l’approche du départ. Les arbitrages entre remboursement, apport et liquidités gagnent à être rapprochés des solutions de financement sans apport, afin de préserver une épargne de long terme cohérente.

Comment choisir une épargne retraite adaptée à son âge et à sa fiscalité ?

Pour choisir une épargne retraite adaptée, trois repères structurent la décision : la fiscalité actuelle, la date probable de départ et le besoin de capital disponible. Un actif fortement imposé, dont le départ est lointain, trouve souvent un intérêt au PER. Une personne proche de la retraite peut privilégier une part plus importante d’assurance-vie si elle anticipe des besoins de retraits.

L’allocation entre fonds en euros et unités de compte mérite une attention séparée. Les unités de compte peuvent fluctuer à la hausse comme à la baisse et ne garantissent pas le capital. La gestion pilotée d’un PER réduit progressivement l’exposition aux marchés à l’approche de la retraite, selon un profil prudent, équilibré ou dynamique.

Les frais de versement, de gestion et d’arbitrage modifient le rendement net sur vingt ans ou trente ans. Comparer la qualité des supports, les options de rente et les conditions de transfert reste utile. Depuis le 1er octobre 2020, le PER individuel a remplacé le PERP et les contrats Madelin pour les nouvelles souscriptions, tout en permettant le transfert des anciens dispositifs.

Questions fréquentes sur le PER et l’assurance-vie pour la retraite

Peut-on cumuler un PER et une assurance-vie ?

Oui, le cumul est possible et répond à des usages complémentaires. Le PER peut alléger l’impôt lors des versements, tandis que l’assurance-vie maintient un capital accessible. Chaque contrat conserve ses propres règles fiscales et ses frais.

Les retraits d’une assurance-vie sont-ils toujours imposés ?

Non, seule la fraction correspondant aux gains est imposable lors d’un rachat. Après huit ans, les gains bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou de 9 200 € pour un couple. Les prélèvements sociaux peuvent toutefois rester dus sur les gains selon la nature des supports.

Peut-on récupérer son argent d’un PER avant la retraite ?

Oui, mais uniquement dans les cas légaux de déblocage anticipé. L’achat de la résidence principale est admis pour certains compartiments du PER. Les accidents de la vie, comme l’invalidité ou la fin des droits au chômage, ouvrent également cette possibilité.

Faut-il déduire tous ses versements sur un PER ?

Non, la déduction est une option pour les versements volontaires. Elle procure un intérêt plus marqué lorsque le taux d’imposition actuel est élevé. Une simulation fiscale permet d’évaluer l’écart entre le gain immédiat et la taxation future.

Le PER et l’assurance-vie répondent à des temporalités différentes de l’épargne retraite. Les combiner permet d’utiliser la déduction fiscale sans renoncer à une réserve disponible. La cohérence du dispositif dépend ensuite des frais, des supports choisis et de la régularité des versements.

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